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Rapports

Compte rendu du Forum sur le leadership étudiant de NEADS à Winnipeg

Winnipeg (Manitoba)
Le samedi 27 octobre 2001

Prepared by Steven Estey, Project Consultant

Introduction

Depuis 1998, NEADS a parrainé six Forum sur l'emploi et le leadership des étudiant-e-s handicapés qui ont été tenus dans les diverses régions du Canada, soit à Montréal, Ottawa, Calgary, Saint-Jean (T.-N.), Antigonish et Yellowknife. Des comptes rendus détaillés de chacun de ces forums sont disponibles sur le site Web de NEADS au http://www.neads.ca. Les idées et les questions soulevées par les étudiant-e-s des diverses régions du Canada se rapportent à cinq secteurs distincts : le soutien aux organisations dans les campus, le soutien aux étudiant-e-s, les liens avec les écoles secondaires et les différences entre les établissements postsecondaires de petite et de grande tailles.

En se fondant sur ces succès, et conscients de l'importance des questions touchant le marché du travail et l'accès aux yeux des étudiant-e-s diplômés, les membres du Conseil d'administration de NEADS ont convenu que les discussions relatives à l'emploi devaient occuper une place proéminente dans les forums tenus au cours de l'exercice de cette année. Il faut souligner que l'ensemble des membres de l'Association ont discuté en profondeur de ces questions lors de la conférence nationale de 2000 tenue à Ottawa et intitulée: " Réseauter, éduquer, revendiquer : livrer la réussite dans le nouveau millénaire ". À la suite de la décision du Conseil d'administration d'ajouter le thème de l'emploi dans les forums à venir, NEADS a procédé à l'établissement d'un partenariat avec la Direction Initiatives Jeunesse de Développement des ressources humaines du Canada (DRHC) afin d'ajouter cet élément au programme dans les quatre localités suivantes au cours de la prochaine année : Winnipeg, Toronto, Victoria et Montréal. Les forums tenus au cours de l'année 2001-2002 seront parrainés par des ententes de contribution avec la Direction Initiatives Jeunesse (programme Information Initiatives Jeunesse). Les hôtes seront les membres du Conseil d'administration de NEADS et pourront compter sur l'aide du bureau national de l'Association et d'un consultant du projet. Les étudiant-e-s handicapés sont invités à participer à ces forums pour faire part de leurs points de vue sur les questions abordées. Un certain nombre de groupes et d'organismes ont été invités à venir discuter avec les étudiant-e-s soit des représentants régionaux de DRHC, des employeurs et des agences de placement, des leaders étudiants et des représentants d'organismes communautaires.

Le présent compte rendu porte sur les travaux du premier Forum Emplois et avancement des étudiant-e-s ayant des incapacités. Le forum a eu lieu le samedi 27 octobre 2001 à l'Université de Winnipeg, à Winnipeg (Manitoba) de 10 h 30 à 16 h 30. Environ 25 personnes ont assisté au forum au cours de la journée. Les étudiant-e-s présents représentaient les établissements suivants : l'Université du Manitoba, l'Université de Winnipeg et le Collège communautaire de Red River. La journée a été subdivisée en trois ateliers distincts portant sur les thèmes suivants : le leadership étudiant, l'emploi (transition études-travail) et l'organisation de groupes étudiants. La discussion au sein de ces trois ateliers était structurée de façon semblable, soit l'allocution de panélistes introduisant chacun des sujets et assurant la mise en contexte, et la tenue de discussions en petits groupes sur un ensemble de questions déjà choisies. À l'issue de chacun des ateliers, les groupes devaient donner un compte rendu de leurs conclusions aux participants réunis en plénière. Le présent compte rendu emprunte la même structure et comprend un sommaire et des remarques de conclusion à la fin pour chacun des thèmes abordés.

Leadership étudiant

Ce thème représente une suite aux discussions tenues par NEADS dans les campus d'un bout à l'autre du pays, au cours des trois dernières années. Cet atelier vise à susciter la discussion sur le leadership au sein de la communauté des étudiant-e-s handicapés et dans les collèges et les universités. Les participants ont l'occasion d'entendre des leaders étudiants handicapés, de discuter des problèmes reliés à l'organisation de groupes, de façons d'augmenter la participation sur des questions portant sur la déficience et l'accès dans les établissements d'enseignement ainsi que dans les communautés.

Allocutions des panélistes

Catherine McGowan, membre du Conseil d'administration de NEADS - Représentante du Manitoba
Catherine, hôte du forum de Winnipeg, a débuté son allocution en parlant du travail et des objectifs de NEADS. Elle a voulu souligner que NEADS est un organisme de consommateurs handicapés et que l'Association est gérée par un conseil d'administration dont tous les membres présentent une déficience. Elle a indiqué par la suite que le mandat général de l'Association est de rendre les étudiant-e-s handicapés plus autonomes au sein du milieu d'enseignement postsecondaire et d'accroître leur accès. Pour atteindre ces objectifs, NEADS met en œuvre des projets et des activités d'échange d'information.
Catherine a parlé des projets en cours de NEADS tels le projet CampusNet, dont l'objectif est de créer une communauté en ligne d'étudiant-e-s handicapés et de leur organisation dans l'ensemble du pays. Un autre projet de NEADS est le projet Liaison avec les écoles secondaires. Ce projet vise à rejoindre les étudiant-e-s du cycle secondaire et de développer des ressources qui pourront aider les jeunes handicapés à faire la transition de l'école secondaire aux études postsecondaires. En plus de ces deux initiatives, Catherine a mentionné le site Web et le bulletin d'information de NEADS comme les principaux moyens qu'use l'Association pour échanger de l'information avec les étudiant-e-s handicapés et d'autres parties intéressées sur l'accessibilité des établissements d'enseignement postsecondaire au Canada.

Steven Fletcher, président sortant du syndicat étudiant University of Manitoba Students' Union (UMSU)
Steven est le président sortant du syndicat étudiant et, en tant que personne ayant une déficience, il possède une perspective unique sur les questions touchant le leadership étudiant - tant au sein du mouvement des étudiant-e-s handicapés que dans la vie étudiante en général sur campus. Il a parlé des stéréotypes et des difficultés que ceux-ci peuvent soulever en disant : " Les gens ne comprennent pas! Par exemple, dans un restaurant, les serveurs demandent souvent à la personne qui m'accompagne ce que je veux commander... il y a stigmatisation. Les préjugés sont inadmissibles et il faut sensibiliser la société à ce problème. " Il a poursuivi en indiquant que la meilleure façon de combattre ce problème sociétal est de se concentrer sur ses habiletés. Lorsqu'il s'est présenté au poste de président de l'UMSU, il n'a jamais fait cas de sa déficience et s'est plutôt concentré sur ses habiletés. Ses accomplissements durant ses études et au sein du syndicat étudiant indiquent bien que cette approche peut fonctionner et fonctionne effectivement.

Dr Henry Enns, président du premier groupe d'étudiant-e-s handicapés de l'Université du Manitoba, et directeur général actuel du Canadian Centre of Disability Studies
Henry a parlé de ses propres efforts visant à mettre sur pied un groupe d'étudiant-e-s handicapés au cours des années 70 à l'Université du Manitoba. De concert avec d'autres étudiant-e-s, il a réussi à mettre sur pied une organisation d'étudiant-e-s ayant une déficience physique avec le mandat d'œuvrer en faveur des droits des personnes handicapées. Ces étudiant?e?s voulaient apporter des changements au sein de l'université et trouver des moyens de faire tomber les barrières. Ils et elles voulaient habiliter les étudiant-e-s handicapés à devenir autonomes et faire en sorte que les services nécessaires soient disponibles. Le groupe a été actif et a pu embaucher quelques étudiant-e-s afin d'élaborer un plan d'action pour rendre l'U de M plus accessible. Cette organisation poursuit son travail depuis pratiquement dix ans à titre de groupe qui fait activement promotion des questions touchant les étudiant-e-s handicapés sur campus. En conclusion, Henry a indiqué que l'un des problèmes auxquels est confronté le groupe, comme tous les regroupements étudiants, est le temps limité que les étudiant-e-s passent aux études. Lorsque les leaders finissent leurs études, l'organisation peut éprouver des problèmes à les remplacer et cela représente un défi majeur pour toutes les organisations étudiantes.

Claire Simpson, présidente, Manitoba League of People with Disabilities (MLPD)
Claire a parlé de la MLPD, en indiquant que l'organisation a été formée par un petit groupe de consommateurs qui étaient insatisfaits des services offerts aux personnes handicapées. Elle a ajouté qu'à l'époque, il n'y avait pas de porte-parole pour les personnes handicapées. En 1974, au moment de sa création, la MLPD représentait la première organisation " de " personnes handicapées - en réponse au grand nombre d'organisations existantes " pour " les personnes handicapées. Cela représentait le premier pas visant à s'éloigner du modèle d'organisme de bienfaisance qui a été très longtemps prédominant. La MLPD considérait les questions touchant les personnes handicapées selon une perspective de droits - et soutenait que la bienfaisance n'avait pas de place dans les discussions sur les questions touchant à la déficience. C'est pourquoi on utilise les termes " organisme pour les droits des personnes handicapées ". Aujourd'hui, la MLPD a des bureaux à Winnipeg, et des divisions à Brandon, Souris, The Pas et Thompson. Claire a fait une lecture de l'énoncé de mission de la MLPD qui stipule en partie que la MLPD est la voix unie des personnes handicapées. L'organisation œuvre pour l'égalité des droits, la pleine participation au sein de la société et revendique des changements positifs au sein de la société. Claire a conclu ses remarques en mentionnant que la MLPD ne compte pas beaucoup de jeunes dans ses activités et a porté au défi les participant-e-s et les autres étudiant-e-s handicapés de participer aux activités de l'organisation.

Discussion en groupe

La discussion au sein des divers groupes touchait à deux thèmes généraux. Voici un sommaire des principaux points soulevés :

Les enjeux auxquels sont confrontés les étudiant-e-s handicapés de cycle universitaire :

  • Qu'entend-on par aménagements légitimes?
  • " Les professeur-e-s sont souvent offusqués d'avoir à faire des arrangements " spéciaux " pour traiter avec les étudiant-e-s handicapés, surtout pour ce qui est des procédures d'examen. La politique obligeant le ou la professeure à prendre/remettre les examens aux services aux étudiant-e-s handicapés est trop rigide, étant donné que certains professeurs prennent beaucoup de temps à le faire et par conséquent, j'obtiens mes notes beaucoup plus tard. Lorsque j'offre de passer les chercher, on me dit que c'est contre la politique " a indiqué un étudiant participant.
  • En général, les professeur-e-s ne connaissent pas ou ne comprennent pas bien nos besoins.
  • Il n'y a pas assez de financement pour les étudiant-e-s handicapés ainsi que pour les bureaux de services aux étudiant-e-s handicapés.

Groupes d'étudiant-e-s handicapés :

  • Il y a un groupe d'étudiant-e-s malentendants à l'Université du Manitoba (U. of M.) qui tente de mettre sur pied un groupe plus général d'étudiant-e-s handicapés. La University of Manitoba Deaf Students' Association offre des cours de langage signé American Sign Language dans le campus comme service aux personnes intéressées.
  • À l'Université de Winnipeg, le syndicat étudiant a un poste identifié pour représenter les étudiant-e-s handicapés, mais il n'y existe pas de groupe en tant que tel.
  • Le bureau des services aux étudiant-e-s handicapés à l'Université du Manitoba a démarré dernièrement un programme d'encadrement.
  • Peut-être que les groupes des campus devraient inclure un ancien ou une ancienne ayant une déficience qui pourrait agir comme mentors.
  • On a suggéré à ce que les groupes étudiants se concentrent sur l'élaboration d'ateliers pour les facultés de l'éducation. Les nouveaux professeur-e-s pourraient tirer profit de leur rencontre avec des étudiant-e-s handicapés qui réussissent, car ces professeur-e-s n'ont pas beaucoup d'attentes à l'égard de ces étudiant-e-s au début de leur enseignement. Cela pourrait être un projet pour NEADS - une trousse de ressources pour les groupes des campus pour l'organisation de ce type d'ateliers. Cette trousse pourrait également être utilisée pour sensibiliser les professeur-e-s et être élaborée en partenariat avec les dispensateurs de services.


Emploi

Le thème de l'emploi est un nouvel ajout aux forums de leadership de NEADS. On vise par ce thème à présenter aux participant-e-s l'information obtenue par Développement des ressources humaines Canada et d'autres programmes reliés à l'emploi afin d'aider les jeunes à réfléchir sur leur transition de l'école au marché du travail. DRHC produit un certain nombre de documents d'information sur les programmes et services fédéraux destinés à aider à la transition études-travail. Deux ensembles de documentation ont été mis à la disposition des participant-e-s à titre informatif et pour leurs commentaires : la publication Connexion Jeunesse, publiée par la direction des communications de DRHC comme volet de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement du Canada et une pochette sur les programmes et services de la Direction Initiatives Jeunesse du même ministère.

Allocutions des panélistes

Christine Dobbs, Développement des ressources humaines Canada, bureau régional du Manitoba - Programmes d'emploi pour les jeunes
Christine a offert un aperçu détaillé de l'information et des programmes qui ont été élaborés par le ministère sur logiciel PowerPoint et par exposé oral. Elle a mentionné que les programmes visaient à aider les jeunes à trouver un emploi en offrant de la formation des compétences, de l'expérience de travail et un accès à l'information sur le marché du travail. Il existe plusieurs programmes auxquels peuvent accéder les jeunes canadiens. On peut se procurer de plus amples détails sur ces programmes dans la publication Connexion Jeunesse, sur le site Web suivant : http://www.youth.gc.ca/youthlink/ythlink_e.shtml. Ces programmes offrent une expérience de travail et une planification de la carrière pour les jeunes relativement au milieu des affaires, aux organisations de bénévoles, à la santé publique et à d'autres secteurs de l'économie canadienne. Christine a souligné que DRHC n'assure pas la prestation de tous ces programmes; il offre plutôt un financement aux employeurs, lesquels permettent aux jeunes d'acquérir une expérience de travail. Les organismes de parrainage comprennent des entreprises, des organisations, des particuliers, des établissements de santé publique et d'éducation, des conseils de bandes et des gouvernements municipaux.

Voici une liste des principaux programmes du gouvernement fédéral qu'a identifiés Christine Dobbs pour les participant-e-s du forum : Jeunes stagiaires Canada, Service Jeunesse Canada, Jeunesse internationale, Objectif emplois d'été pour les étudiants et Information Initiatives Jeunesse. C. Dobbs a indiqué qu'il était important pour le ministère d'accroître la représentation des personnes handicapées dans tous ces programmes. Elle a invité les participant-e-s à venir lui faire part de leurs commentaires au cours de la journée et après le forum.

Janalee Morris, chercheur sur les questions touchant la déficience et l'emploi, coordonnatrice des services aux étudiant-e-s handicapées, Université du Manitoba
Au cours d'un récent projet de recherches, Janalee a travaillé avec neuf personnes handicapées qui suivaient un programme de formation à l'emploi. Le programme se concentrait sur la formation et l'expérience de travail. Les participant-e-s du programme montraient diverses expériences de formation; tous avaient terminé leurs études secondaires et quelques-un-e-s avaient fini leurs études collégiales ou universitaires. Ces participant-e-s avaient tous été confrontés à de nombreuses obstacles en raison de leur déficience. Nous connaissons déjà certaines de ces barrières, soit l'accessibilité des lieux, le manque de services d'interprètes, de documents en Braille et autres. D'autres barrières rencontrées et plus surprenantes pour ces personnes handicapées avaient trait à l'estime de soi et aux attitudes. Nombre d'entre eux ont parlé des stéréotypes négatifs et de la discrimination dans le lieu de travail. Un autre obstacle qu'a relevé Janalee au cours de sa recherche était d'ordre financier. Les personnes handicapées sont souvent prestataires d'aide sociale et cela représente un obstacle, car elles ont peur de perdre leurs prestations si elles acceptaient un emploi rémunéré. Et qu'arriverait-il si elles ne pouvaient conserver leur emploi? On se préoccupe particulièrement de perdre des avantages médicaux. Ces barrières systémiques, en a conclu Janalee, empêchent souvent les personnes handicapées à trouver un emploi, et dans certains cas les dissuadent même de penser à chercher un emploi.

Valerie Whettell, coordonnatrice, Reaching Equality Employment Services (REES), Winnipeg
Valerie a parlé de son programme qui offre une formation aux personnes handicapées pour travailler dans des centres d'appel au Manitoba. Ce programme offre de la formation aux personnes de 18 à 30 ans. D'une durée de 10 semaines, le programme aborde la préparation à la vie quotidienne et professionnelle. REES offre également un soutien à l'emploi soit sous forme de formation particulière à l'emploi pour ceux et celles qui en ont besoin, et de l'information pour les employeurs sur divers aménagements en milieu de travail lorsqu'il y a une demande. D'après l'expérience, le programme montre que nombre d'employeurs sont très ouverts et accommodants, mais bien d'autres ne connaissent pas les aménagements exigés pour les personnes handicapées dans le lieu de travail. Ainsi, Valerie a décrit chacun des étapes du processus utilisé selon les besoins de l'employeur. Valerie a également indiqué qu'un bon de personnes sont d'avis que les centres d'appels consistent à " vendre " un produit. Or, en réalité, seulement 17 % des postes sont reliés à la vente alors que beaucoup d'autres ont trait à la recherche et aux services à la clientèle, dont entre autres les services bancaires. Elle a mentionné que ce type de travail montre beaucoup de possibilités d'avancement. Le poste de téléphoniste est un emploi d'entrée, mais il existe également des emplois en administration et en gestion offerts par certains employeurs.

Discussion de groupe

Une discussion très animée s'est ensuite poursuivie après l'allocution des panélistes. Les participant-e-s ont indiqué que l'information présentée était très utile et la plupart avaient beaucoup appris de la part des panélistes. La discussion a ensuite porté sur les deux thèmes principaux suivants : les obstacles et les ressources. Voici une liste des principaux sujets et préoccupations abordés par les participant-e-s.

Les obstacles :

  • Les employé-e-s handicapés éprouvent le besoin d'en faire plus en raison de leur déficience, en étant meilleur que les autres employés, et cela peut être une source de grand stress.
  • Les employeurs doivent être davantage sensibilisés. Il est injuste de s'attendre à ce que les employé-e-s/candidat-e-s handicapés fassent tous les efforts de sensibilisation. Cela représente un rôle important à jouer pour les organismes communautaires comme le REES.
  • Les programmes comme celui d'intégration sociale et de transition à l'emploi " PISTE " au Manitoba peuvent contribuer à exclure les étudiant-e-s handicapés, car ils sont séparés des autres étudiant-e-s. Il est même arrivé que des personnes handicapées inscrites à ce programme aient obtenu un salaire moins élevé pendant un certain temps!
  • " J'éprouve des difficultés avec tout l'accent mis sur les services, l'information et les formulaires offerts sur le Web de nos jours. En raison de mes difficultés d'apprentissage, remplir des formulaires en ligne m'est très difficile et je dois demander de l'aide à quelqu'un pour le faire. Ce format n'est approprié pour moi, " a mentionné un participant.
  • " Avoir à dévoiler mes déficiences non visibles peut m'être très difficile et je ne sais pas comment réagir dans cette situation. J'aurais vraiment besoin de conseils à ce sujet, " a déclaré une autre participante.
  • Certains employeurs sont ouverts à l'idée d'apporter des aménagements en raison de notre déficience mais cela dépend de la situation. Les politiques et procédures ne sont pas très élaborées à ce sujet. Cela n'est pas toujours constant et c'est ce qui rend la divulgation de sa déficience un exercice difficile.

Ressources disponibles et sensibilisation :

  • Les programmes et services disponibles ne correspondent pas toujours aux besoins des étudiant-e-s. Par exemple, le projet d'emploi pour les jeunes " REES " est un programme qui ne répond pas aux aspirations et objectifs de nombre d'étudiant-e-s et diplômés handicapés puisqu'ils et elles ne sont pas intéressés aux emplois en télémarketing.
  • Les universités et collèges devraient élaborer des programmes d'expérience de travail pour les étudiant-e-s handicapés et s'en servir comme moyen de sensibiliser tant les étudiant-e-s que les employeurs aux diverses possibilités d'aménagement. Ces programmes pourraient comprendre de l'expérience travail-études et des stages qui aideraient les étudiant-e-s handicapés de niveau postsecondaire.
  • Le ministère du Développement des ressources humaines du Canada ne met pas assez d'accent sur la création de programmes qui pourraient accommoder et encourager les étudiant-e-s handicapés. Il est difficile de savoir si l'on doit identifier sa déficience, même lorsqu'on remplit une demande à un programme parrainé par DRHC. La documentation des programmes n'est pas claire à savoir si DRHC est ouvert aux demandes de personnes handicapées. Cette information devrait être plus explicite.

Organiser des groupes dans les campus

Ce thème offre aux participant-e-s l'occasion de discuter avec des leaders étudiants locaux et d'en savoir un peu plus sur les organisations étudiantes à Winnipeg. Ce thème a été ajouté à l'ordre du jour à la demande des étudiant-e-s handicapés de la localité intéressés à démarrer une organisation d'étudiant-e-s handicapés à l'Université du Manitoba. Cette séance s'est avérée un excellent moyen de conclure les travaux et de mettre fin à la journée.

Allocutions des panélistes

Kevin Toyne, président, University of Manitoba Students' Union
Kevin a indiqué que le syndicat étudiant verse plus de 100 000 $ par année aux groupes étudiants de l'université. Les groupes étudiants disposent ainsi amplement de fonds et les étudiant-e-s handicapés pourraient être également admissibles à ce financement pour démarrer une organisation. Kevin a souligné qu'un des atouts dérivés de la participation au sein du syndicat étudiant est d'avoir la chance d'interagir avec d'autres étudiant-e-s. De plus, un groupe d'étudiant-e-s peut aider le syndicat étudiant à faire des pressions pour régler des problèmes précis auxquels sont confrontés les étudiant-e-s handicapés dans le campus. Cela peut susciter également des changements positifs. À titre de groupe officiellement reconnu, une organisation d'étudiant-e-s handicapés pourrait avoir une représentation au sein du conseil étudiant. Kévin a conclu en déclarant ce qui suit : " Si vous êtes membre d'un groupe œuvrant pour l'égalité, la mise sur pied d'un groupe étudiant représente un moyen efficace de se faire entendre! "

Mike Nickerson, University of Winnipeg Students' Association
Mike a récemment été élu au poste de directeur des services aux étudiant-e-s de l'University of Winnipeg Students' Association. Il a parlé de son travail visant à représenter les intérêts des étudiant-e-s du campus. Il agit à titre d'agent de liaison entre le syndicat étudiant et l'administration de l'université. Il travaille également avec les étudiant-e-s pour comprendre ce que sont leurs besoins et fait ensuite des pressions pour voir à ce que l'université réponde à ces besoins. Il a souligné que ce poste ne dispose pas de budget; qu'il comporte simplement des fonctions de communication. Cela rend sa tâche plus difficile pour répondre aux besoins pressants des étudiants. Toutefois, il a également mentionné que ces fonctions de communication avec les étudiant-e-s et l'administration universitaire peuvent souvent aider à apporter des changements positifs. Il a conclu en indiquant que les étudiant-e-s ne devraient pas hésiter à faire appel à ses services.

Jocelyn Johnson, présidente, University of Manitoba Deaf Students' Association
Jocelyn a débuté ses remarques en soulignant que son groupe d'étudiant-e-s sourds est le seul groupe géré par des consommateurs handicapés du campus. L'association a été formée l'an dernier et le processus de démarrage a débuté en faisant un relevé des étudiant-e-s intéressés à participer à une association de ce genre. Au début, les organisateurs et organisatrices du groupe ont éprouvé des difficultés à établir un contact avec les étudiant-e-s du fait que les listes d'étudiant-e-s handicapés sont confidentielles. Voilà bien un obstacle. Son groupe a su contourner le problème en faisant le plus de publicité possible. Aussi, le groupe a organisé des cours de langage signé ASL pour les étudiant-e-s intéressés du campus. Les coûts du cours étaient minimes et ont permis de lever des fonds. Trente personnes intéressées ont répondu à l'appel de l'association au cours des deux semaines suivant l'annonce du cours. Jocelyn a mentionné que même si ces personnes connaissaient ou ne connaissaient pas de personnes sourdes, elles étaient tout de même intéressées à suivre le cours.

Jocelyn a également indiqué que la persistance a été la clé de leur succès. À partir du lancement du cours d'ASL, il aura fallu plus d'une année pour mettre sur pied l'association des étudiant-e-s sourds. Une fois qu'elle a été établie, l'association a attendu un autre cinq mois pour obtenir une salle pour la tenue des réunions et des activités régulières. En conclusion, Jocelyn a mentionné que le groupe invite les étudiant-e-s sourds et les autres à participer aux activités de l'association.

Carmen Day, étudiante de l'Université du Manitoba
Depuis février de l'an passé, Carmen tente d'organiser un regroupement d'étudiant-e-s handicapés dans son campus. Au départ, elle était très occupée par ses études et son travail et elle avait connu des problèmes lors de sa première tentative d'organisation. Elle a indiqué qu'elle a été très heureuse d'apprendre que NEADS avait décidé de tenir un forum sur le leadership étudiant à Winnipeg. Elle a dit espérer que cette occasion lui permettrait de faire une seconde tentative pour organiser un groupe. Elle a indiqué que les étudiant-e-s ont besoin de se rassembler et selon elle, si l'on mettait sur pied une organisation, d'autres étudiant-e-s handicapés pourraient alors s'y joindre. Elle a dit qu'elle était très intéressée à mettre en œuvre un programme de soutien par les pairs, car il y a beaucoup d'étudiant-e-s qui se sentent seuls.

Karl Tower, membre du Conseil d'administration de NEADS, Saskatchewan
Karl a activement participé au sein d'un groupe d'étudiant-e-s ayant des troubles d'apprentissage en Saskatchewan. Il a mentionné que les étudiant-e-s ne sont intéressés à participer aux réunions que lorsqu'on leur parlait des avantages qu'ils pourraient en retirer. Ces avantages sont principalement reliés au fait de combler leur solitude et obtenir un soutien de leurs pairs. Le groupe a continué ses activités au cours de l'année d'études et les membres se sont rencontrés pour converser et prendre un café. Certains membres éprouvaient certaines frustrations et se sentaient seuls, considéraient même d'abandonner leurs études. Mais lorsqu'ils ont commencé à participer au sein du groupe, leurs sentiments ont changé. Ils ont pu reprendre confiance en eux-mêmes grâce à leur participation active. Karl a indiqué que pour lui, cette expérience a été très enrichissante, et qu'il a éprouvé le sentiment de se retrouver dans un milieu sécurisant et compréhensif. Il a conclu en disant que pour les participant-e-s de ce groupe, le simple fait de s'asseoir dans une réunion et de se retrouver avec des gens comme eux représentait un énorme soutien et a contribué à avoir une plus grande confiance.

Discussion de groupe

Tous les participant-e-s sont demeurés en plénière pour tenir une discussion de clôture très intéressante. Voici une liste des principales idées émises par les membres des groupes.

  • L'appui des pairs est très important, en plus des démarches personnelles.
  • Identifier un représentant des étudiant-e-s handicapés du syndicat étudiant de niveau postsecondaire semble une excellente idée.
  • Les groupes communautaires pourraient représenter une source de financement pour aider à s'organiser. Par exemple, on pourrait les inviter à titre de conférenciers pour une série de conférence à l'heure du midi.
  • Les syndicats étudiants disposent souvent de fonds pour des activités sociales. Cela pourrait aider à rassembler les gens qui sont intéressés à former une organisation sur le campus.
  • NEADS pourrait aider en organisant d'autres forums comme celui-ci. On a mentionné que le projet CampusNet offrait une occasion de choix pour aider les groupes à communiquer entre eux par le biais d'un réseau en ligne et à faire connaître les problèmes auxquels il faut remédier.
  • NEADS devrait envisager de faire une rotation des modérateurs de son forum électronique, comme par exemple, en faire une tâche obligatoire mensuelle pour chacun des membre du Conseil d'administration.

Sommaire et remarques de conclusion

Selon les participant-e-s, le Forum Emplois et avancement des étudiant-e-s handicapés de NEADS de Winnipeg a été une journée dynamique et utile. Beaucoup d'idées ont été échangées par une vaste panoplie de conférenciers et conférencières invités. En termes de leadership étudiant et d'organisation, il était clair que les personnes présentes étaient intéressées à poursuivre sur la lancée que le forum a suscité. Les étudiant-e-s ont été mis au défi de s'organiser dans leur campus et à participer davantage dans les organismes communautaires de personnes handicapées comme la Manitoba League for Persons With Disabilities.

Les panélistes ainsi que les participant-e-s ont proposé un bon nombre d'idées intéressantes relativement à la notion de soutien et d'aide. Par exemple, dans le cas où des étudiant-e-s voudraient mettre sur pied un groupe dans leur campus, on a suggéré d'organiser des séries de conférence à l'heure du midi et d'y inviter des leaders d'organismes communautaires de personnes handicapées pour discuter de diverses questions et préoccupations avec les étudiant-e-s. On a également proposé que les syndicats étudiants offrent un soutien financier pour l'organisation d'un groupe d'étudiant?e?s si ceux-ci étaient engagés et persistants dans leurs efforts.

Quant aux questions touchant l'emploi et la transition études-travail, les participant-e-s ont convenu qu'il y avait beaucoup de ressources disponibles. On a également indiqué qu'il était très utile d'avoir des présentations de la part du personnel et des agents de recherches des divers programmes. Il était clair que la divulgation de la déficience préoccupe beaucoup d'étudiant-e-s et que l'on pourrait prévenir cette situation en indiquant dès le départ sa déficience lors d'une demande d'emploi ou de programmes gouvernementaux destinés aux jeunes. Les personnes présentes ont recommandé que les divers programmes devraient indiquer très clairement que les personnes handicapées ont accès à des aménagements et qu'elles sont encouragées à faire demande.

Ce premier forum sous les auspices du partenariat entre NEADS et la Direction Initiatives Jeunes de DRHC a été un franc succès et semble annoncer des aspects très positifs pour les forums futurs à Toronto, Victoria et Montréal. En bâtissant sur le succès du forum de Winnipeg, l'Association a pu déterminer qu'il fallait accorder une plus grande place à l'emploi dans les rencontres futures à Toronto en incluant un plus grand nombre d'employeurs et d'organismes/de programmes qui pourront aider les jeunes ayant une déficience à trouver un emploi après leurs études. Le prochain forum se déroulera à Toronto, le vendredi 25 janvier 2002, à l'hôtel Courtyard Marriott. Les forums de Victoria et de Montréal en sont également à la phase de planification et sont prévus pour les mois de mars et d'avril respectivement.

En conclusion, nous tenons à souligner que NEADS a tenu une excellente consultation sur le projet des forums de leadership étudiant au cours d'une réunion du Conseil d'administration durant la fin de semaine des 10 et 11 novembre à l'hôtel les Suites Delta d'Ottawa. Cette réunion a rassemblé les membres du comité consultatif pour discuter en profondeur des travaux du projet jusqu'à ce jour. Steve Estey, consultant du projet, a présenté un aperçu du projet, ses réflexions sur le forum de Winnipeg et a parlé des prochaines démarches relatives aux futurs forums. Catherine McGowan, représentante du Manitoba au Conseil d'administration de NEADS et hôte du forum de Winnipeg, a présenté un exposé aux membres du Conseil et a fait part des succès de l'activité et des avantages retirés de l'expérience.


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